« Tout le monde lit »

À l’heure où la désinformation et l’illettrisme progressent, l’importance de la lecture comme rempart à l’ignorance semble une évidence.  Préoccupés par les résultats d'études évaluant le faible niveau en capacité de lecture des écoliers belges francophones, les éditrices et éditeurs jeunesse se sont demandé comment contribuer à remédier à cette préoccupante situation.  Des réflexions qu'ils ont collectivement menées sont nées diverses initiatives, qui ne cessent, depuis lors, de prendre de l’ampleur.

Je lis, tu lis, tout le monde lit !

Partant du principe que lire, c’est avant tout du plaisir, les éditeur.rices jeunesse et l’ADEB ont ainsi  lancé une campagne de sensibilisation à la lecture nommée « Tout le monde lit », dont le point culminant, fixé à la date du 23 avril, correspond à la journée mondiale du livre.

Le principe ? Inviter tout le monde, et tout particulièrement les écoles, à interrompre toute autre activité pour consacrer un quart d’heure à la lecture, et ce chaque jour. Peu importe ce qu’on lit : roman, bande dessinée, livre illustré, manga, e-book, etc, le seul et unique but, c’est le plaisir !

Aujourd’hui, près de 200 classes participent au projet et attendent ce moment de lire avec impatience. 

Un site internet a été créé pour accompagner le projet. On y trouve, entre autres, une boite à outils qui offre une foule de conseils et d'idées autour du livre et de la promotion de la lecture.

Un projet pilote a été mené avec la ville de Charleroi. Il a permis de fournir des boites de vingt-cinq livres à toutes les classes participant au défi « Tout le monde lit », accompagnées d’informations pédagogiques. À nouveau, l’expérience est un succès.

Les médias ont également joué le jeu en relayant « Tout le monde lit » et en invitant à de nombreuses reprises Simon Casterman (président de l’ADEB) à s’exprimer sur le sujet. Des vidéos de promotion de la lecture pour les enfants ont par ailleurs été réalisées et diffusées sur de multiples canaux. 

 

Seul un élève sur cinq dispose des capacités de lecture suffisantes

Le niveau de maîtrise de la langue maternelle de nos élèves en 4e primaire est dramatiquement faible. On constate en Fédération Wallonie-Bruxelles une augmentation des élèves au niveau de lecture faible et une raréfaction des jeunes lecteurs très performants. Or, la compréhension à la lecture est l’outil primordial pour avancer dans tous les apprentissages. Des élèves bien formés seront, demain, des citoyens compétents.

PIRLS
Selon l’étude PIRLS (Programme international de recherche en lecture scolaire), nos élèves occupent la dernière place du classement des pays européens. Seulement un élève de 10 ans sur cinq dispose de capacités de lecture suffisantes, contre une moyenne de 50 % dans les pays de l’OCDE. Pire, ils sont 35 % chez nous à ne pas dépasser le niveau de compétence le plus élémentaire.
PISA
L'étude PISA 2018 (Programme International de Suivi des Acquis des élèves) confirme qu'à 15 ans, nos ados lisent moins bien que les générations précédentes et que la plupart des élèves des pays de l'OCDE. Nos élèves se placent en-dessous de la moyenne OCDE (-6 points), mais marque également un nouveau tassement par rapport à 2015 (-2 points), déjà en fort recul (-13 points) par rapport à 2012.